OFFRE D’EMPLOI : Agent.e de projet

Description de l’employeur

L’Alliance Arc-en-ciel de Québec a pour mission d’assurer la défense des droits individuels et collectifs de la diversité sexuelle et de genre (DSPG) dans une perspective d’accompagnement, d’éducation, d’inclusion, de mobilisation, de concertation et de représentation. Pour ce faire, elle informe et sensibilise la population par rapport aux droits LGBT+ grâce à des événements et des outils de communication.

Principales responsabilités du poste

Le poste d’agent.e de projet vise à réaliser le projet Charlevoix : vers une région ouverte à la diversité dont le but principal est de briser l’isolement des personnes LGBT+ dans la région de Charlevoix en augmentant la visibilité de la DSPG et en multipliant des opportunités de rencontres et de réseautage pour ces personnes. Pour atteindre ce but, l’agent devra travailler à la gestion d’un comité d’action, la mise en place d’un réseau régional d’alliés et l’organisation d’activités sociales et de sensibilisation.

Tâches

  • Mobiliser la communauté autour des enjeux de la lutte à l’homophobie et à la transphobie;
  • Mobiliser les partenaires et citoyens à la participation d’un comité d’action;
  • Organiser et animer les réunions du comité;
  • En collaboration avec le comité, élaborer le fonctionnement d’un réseau d’alliés regroupant organismes, entreprises, municipalités, intervenants et citoyens;
  • Recruter des membres dans le réseau d’alliés.
  • Organiser des activités sociales et de sensibilisation orienté par le comité d’action;
  • Développer des stratégies de développement et de marketing afin de publiciser les activités du projet dans médias locaux et réseaux sociaux;
  • Rédiger des lettres, courriels et tous autres documents utiles à la diffusion du projet;
  • Effectuer d’autres tâches administratives, de communication et de recherche de financement;
  • Rédiger un rapport détaillé des activités dans le but de la publication de ses résultats;
  • Toutes autres tâches connexes.

Profil recherché :

Stimulée par les défis, la personne recherchée possède le sens de l’éthique et de l’engagement, du leadership, et d’excellentes aptitudes en communication/marketing. Elle a à cœur l’égalité sociale et la lutte contre l’homophobie et la transphobie en plus d’avoir une bonne connaissance des réalités en lien avec la DSPG. Autonome et faisant preuve d’initiative, elle possède de l’expérience en organisation communautaire et concertation, dans l’organisation d’événements, en communication, en gestion des médias sociaux et marketing, de même qu’en recherche de financement auprès de partenaires publics et privés. L’agent.e devra préférablement habiter la région de Charlevoix et posséder voiture et permis de conduire.

Conditions de travail

Poste à temps partiel pour une période de 48 semaines possibilité de prolongation selon le financement.

Salaire et entrée en fonction à déterminer.

Faire parvenir votre curriculum vitae et une lettre de présentation personnalisée  par courriel avant le 10 avril 2017 à info@arcencielquebec.ca


Les réseaux sociaux face aux questions LGBT

Par Michel Hubert

La Semaine du numérique organisé par Québec Numérique se tiendra à Québec du 1er au 9 avril 2017, dans ce cadre, beaucoup d’activités vont avoir lieu à travers la ville, en particulier la célèbre WAQ (Web à Québec) dont ce sera la 7e édition. C’est l’occasion pour tous les acteurs du milieu de se rencontrer et de s’interroger sur les enjeux du numérique.

Les réseaux sociaux, en particulier, qui font partie intégrante de nos vies, cristallisent bien des questionnements. Le droit à la vie privée, la confidentialité, l’anonymat, le vol d’identité, le droit à l’oubli, les fausses informations ou faits alternatifs et l’intimidation n’en sont que quelques-uns. Ils trouvent également écho dans les préoccupations concernant la communauté LGBT+.

De l’homophobie …

Les Réseaux sociaux, de Twitter à Instagram en passant par Facebook sont souvent décriés. Les cas d’intimidations en particulier sont légion, et poussent parfois des personnes au suicide. Il est de notoriété publique, que les jeunes membres de la diversité sexuelle et de genre (DSG) sont plus sujet au harcèlement de la part de leurs pairs et que, malheureusement,  le suicide est  encore un sujet de premier plan.  De plus la multiplication des cas de propos homophobes est très inquiétante. L’anonymat relatif sur les réseaux sociaux semble faussement autoriser certains à déverser des propos haineux, toujours choquants et souvent condamnables, et participe à cet environnement d’intimidation des membres les plus fragiles de la communauté. C’est d’ailleurs en ce sens que l’Alliance Arc-en-ciel a recommandé au Bureau de lutte à l’homophobie d’être actif sur les réseaux sociaux dans son mémoire « Lutter contre l’invisibilité » remis à la ministre de la Justice du Québec, madame Stéphanie Vallée, dans le cadre du Plan d’action de lutte à l’homophobie et à la transphobie 2017-2022 du ministère de la Justice du Québec.

Mais pas seulement …

Toutefois, les réseaux sociaux sont aussi des outils importants dans la transmission de l’information. Bien entendu les cas de fausses informations sont courants et problématiques, de nombreux pays se penchent sur le sujet et cherchent des moyens de proposer des filtres pour limiter leur impact. En ce sens d’ailleurs, en France, Google a lancé le projet Crosscheck, avec le soutien de 16 rédactions médias, destiné à chasser les fausses informations circulant en ligne. Facebook France va lui aussi lancer son programme similaire. Ce problème des fausses informations et de leurs propagations rapides montre à quel point les Facebook et autres Twitter sont des vecteurs rapides et importants d’informations. Pour qu’une information se rende jusqu’aux bons lecteurs, il faut qu’elle soit reprise, que ce soient par le simple partage ou par la création de contenu originale. Chaque association, groupe ou même membre de la communauté a le devoir de servir de relais d’information. Cela participe, pas uniquement, mais aussi, à démystifier l’homosexualité et à corriger bien des préjugés. L’Alliance en ce sens est très active sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) et s’attelle à faire une veille active de l’information, nationale comme internationale, et à créer maintenant du contenu original. On peut aussi saluer le travail du Miels Québec sur la qualité des informations qu’ils transmettent régulièrement concernant la lutte contre le VIH-Sida.

Il est aussi nécessaire de partager de l’information locale, le travail de Fugues sur le sujet est louable, mais chacun peut et doit partager ce qui se fait dans sa région, cela permet aussi de créer un lien social. Parce que justement, les réseaux sociaux ne sont pas que des vecteurs de haine, leur premier objectif est de créer ce lien social. On peut bien entendu critiquer chacun de ces réseaux pour leurs politiques de confidentialité ou leur utilisation des données personnelles à des fins publicitaires, mais on doit leur reconnaître qu’ils peuvent aussi jouer un rôle positif.

Il y a aussi du positif…

Encore récemment, Radio Canada revenait sur le poids écrasant de la solitude chez les gais, et du stress de faire partie d’une communauté minoritaire. Ce sentiment est encore plus prégnant dans certains groupes à l’intérieur de la communauté, c’est le cas par exemple des aînés ou des immigrants.

C’est justement pour briser l’isolement, créer un lien social et s’entraider que Denis Boucher, Régis Landry et Pierre Quesnel ont fondé le groupe Facebook Les vieux amis en avril 2016. Destiné aux 50 ans et plus, il comptait, en février, quelque 220 membres, provenant de plusieurs régions du Québec.  De la même manière, pour contrer le double isolement des immigrants LGBT un groupe Facebook encore embryonnaire, a aussi été créé sous le nom : Les immigrants LGBT de la ville de Québec. Enfin l’isolement géographique est aussi pris en considération grâce au travail admirable de la Fierté Agricole. La jeunesse en questionnement très présente sur les réseaux sociaux a besoin également de support fiable et a but non lucratif, les applications de rencontres n’étant pas un lieu de soutien ou d’échanges.

Tous ces groupes de soutien apparaissent plus facilement sur les réseaux sociaux, mais sont malheureusement souvent noyés au milieu de milliers de groupe de rencontres peu sérieux ou à franchement éviter. Il est certain qu’il n’est pas facile de s’y retrouver, peut-être qu’un répertoire de référence des sites, groupes, et pages de la DSG sur les réseaux sociaux pourrait être utile.

La lutte contre les discriminations est encore un combat actuel, pertinent et nécessaire. Et  les réseaux sociaux sont un formidable outil qu’il faut utiliser. Sur le web aussi l’homophobie est présente et revêt même parfois des formes plus subtiles comme la décision récente de Youtube de mettre en place un filtre LGBT, permettant ainsi aux visiteurs de faire disparaître toutes traces de la communauté et de remettre au placard la diversité sexuelle et de genre.

Il y a donc beaucoup à déplorer, mais il y a aussi beaucoup à saluer sur les réseaux sociaux. Ils sont ce qu’on en fait. Comme beaucoup d’outils technologiques, ils peuvent aussi être vertueux et sauver des vies si on les utilise correctement. C’est à nous de définir ce que l’on veut faire de ces formidables outils. Ce qui est certain, c’est qu’aucune lutte sociale ne peut maintenant se passer des réseaux sociaux. Tout groupe qui veut défendre des valeurs d’inclusion et d’égalité se doit d’avoir une stratégie numérique.


Top 5 des films Disney les plus « LGBT+ » pour prolonger votre dimanche

Par Michel Hubert

Le groupe gay de l’Université Laval (GGUL) a organisé ce dimanche 19 mars 2017 une soirée-bénéfice au Drague sur le thème de Disney. Ce moment heureux est malheureusement concomitant avec une autre nouvelle moins amusante. En effet, le film La Belle et la bête qui vient de sortir avec en particulier la délicieuse Emma Watson est remis en cause dans de nombreux pays de la Malaisie à la Russie en passant par certaines salles des USA, pour la présence d’un personnage ouvertement gay.

Alors que Moonlight est devenu le premier film centré sur un personnage gay à remporter l’Oscar du meilleur film, le réalisateur américain Bill Condon, interviewé par le magazine britannique Attitude a en effet déclaré à propos d’une scène impliquant le personnage de Lefou, le compagnon du méchant de l’histoire, Gaston : « C’est un beau moment gay et unique dans un film Disney. » Une vague d’homophobie internationale s’est alors déclenchée contre son film.

Le moment « gay » de Lefou dans le film La Belle et la bête 2017

L’histoire entre Disney et la communauté est longue et indéniable, on ne peut nier le côté ludique, magique, paillettes et princesses qui trouvent écho parfois en certain(e)s, mais on peut aussi relever que de plus en plus souvent les films sont centrés sur des personnages jeunes qui se sentent différents, seuls ou rejetés par leur entourage qui doivent découvrir qui ils sont, qui ils aiment et apprendre à s’accepter et à s’affirmer. Un parcours de différence auquel tous les membres de la communauté de la diversité sexuelle et de genre peuvent s’identifier. Et les auteurs de ces dessins animés l’ont bien compris et proposent de nombreux personnages jouant sur des codes queer ou gay.

La vague d’homophobie engagée envers le dernier Disney ne nous empêchera pas de vous proposer notre Top 5, des films Disney les plus « ouvertement » LGBT pour vous aider à prolonger l’esprit de votre soirée au Drague.

5- Alladin,

Dans Alladin, deux personnages laissent des empreintes quelque peu crypto-gays diamétralement opposées, Jaffar, le méchant de l’histoire et le Génie. Le premier reflète de nombreux critères utilisés dans le cinéma pendant longtemps pour montrer des personnages gay, ceux-ci étaient souvent précieux, parfois maniérés, jamais intéressés par la gent féminine, souvent frustré et méchant. Dans cette gamme Scar dans le Roi Lion, Governor Ratcliffe dans Pocahontas et Jaffar se ressemblent. L’autre c’est le Génie, doucement queer, mélangeant magie, identité de genre à plusieurs moments dans le film, n’hésitant pas à s’habiller en femme, le Génie nous montre une personnalité exubérante et pleine d’émotions.

L’exubérant génie

4-La petite sirène

Non, dans la petite sirène, ce n’est pas la sirène ou le prince qui fait que ce film est dans le Top 5 des films LGBT de Disney, c’est sa méchante : Ursula. En effet, elle est très ouvertement inspirée par  la légendaire drag queen Divine qui a tourné dans un grand nombre de films de John Waters dont le célèbre Hairspray. Malheureusement décédé un an avant la sortie du film de Disney, Harris Glenn Milstead alias Divine n’a jamais pu découvrir son alter-ego dessiné.

La drag queen Ursula

3- Mulan

La thématique de la fille habillée en homme a été largement utilisé dans les arts du Chevalier d’Éon à des dessins animés japonais comme Lady Oscar ou Princesse Saphir par exemple. Ce qui est différent avec Mulan, c’est que c’est la première fois qu’une héroïne de Disney n’est pas une douce jeune fille, mais une femme forte, indépendante prête à se battre, une thématique féministe réutilisée dans d’autres films ultérieurs comme Rebelle par exemple. La relation entre Mulan et Shang est la cerise sur le sundae, en effet, il commence à être ému, et à développer des sentiments pour Mulan, bien avant de découvrir que celle-ci est une femme. Juste à temps, pour que la morale de Disney soit sauve, mais les idées d’un côté butch de Mulan qui s’affranchit ouvertement du masculin et du féminin et de la bisexualité naissante du virile Shang demeurent.

Shang troublé par « le » jeune Mulan

2-Le roi Lion

Parmi les raisons qui font de ce film, un des plus LGBT de Disney, nous pouvons parler de Scar, comme je l’ai dit plus haut qui joue comme Jaffar sur le registre du méchant précieux. La musique de Sir Elton John, et la présence vocale de Whoopi Golberg sont des éléments à prendre en compte, mais ce sont Timon et Pumba qui lui donnent ses lettres arc-en-ciel, ils sont en effet le premier couple gay homoparentale de Disney. Vivant en couple, ces deux hommes recueillent et adoptent un petit lionceau, Simba, et vont l’élever ensemble. Une bien jolie petite famille, et si on rajoute à cela la passion de Timon pour les déguisements féminins, alors Le roi Lion mérite sa seconde place de ce top.

Une famille homoparentale

1-La Reine des neiges.

Enfin, pour terminer, le film qui a subi les attaques de tous les groupes anti-LGBT a sa sorti, la Reine des neiges, un des rares films à mettre en vedette une jeune princesse qui ne cherche pas son prince, mais qui cherche à accepter sa différence qu’elle pense être une malédiction. Déconstruisant les clichés de Disney, le film met en avant l’acceptation des différences, libère les femmes de l’obligation de se marier pour être heureuse. De plus, dans celui-ci aussi, une place est faite à une famille homoparentale, celle d’Oaken, le gérant de la boutique « Chez Oaken, bazar et sauna » rencontré par Anna et Kristoff dans la montagne. En plus de la thématique franchement pro-diversité, ce qui permet à la Reine des neiges d’atteindre la plus haute marche du podium est la chanson « Let it go » prônant l’acceptation de soi qui est littéralement devenue un hymne de la fierté LGBT+.

Oaken présente sa famille à Anna et Kristoff

Bien entendu ce top 5 n’est pas exhaustif et reste partial, il y a bon nombre d’autres animés de la compagnie aux grandes oreilles qui sont plus ou moins crypto-gays, de Peter Pan à Blanche-Neige en passant par Tarzan ou Rox et Rouky. Nous vous laisserons la possibilité de les redécouvrir par vous-même avec un œil neuf.

Et vous quels sont les films Disney que vous aimez le plus ou qui ont le plus touchés votre sensibilité LGBT+ ?


Convocation : Assemblée générale annuelle 2017

Cette page tient lieu d’avis de convocation.

L’Alliance Arc-en-ciel de Québec vous convoque à son Assemblée générale annuelle, jeudi le 23 mars 2017 au Cercle, 228 Rue Saint-Joseph Est. L’Assemblée commencera à 18h00, mais nous vous accueillerons dès 17h30 sur place. Dans une ambiance décontractée nous vous invitons à venir participer à la vie démocratique de votre Alliance !

Lors de cette soirée, le Conseil d’Administration (C.A.) et l’exécutif vous présenteront les avancées de la dernière année, l’état des finances et les projets pour 2017. Certains postes du Conseil d’administration seront également mis en élection. L’Assemblée est publique et gratuite, mais notez que seules les personnes membres de l’Alliance Arc-en-ciel auront le droit de vote. Il est possible de (re)devenir membre de l’Alliance Arc-en-ciel de Québec en début de soirée, les frais varient selon votre catégorie de membre. Cependant, selon les nouveaux règlements généraux adoptés par le C.A. (qui devraient être entérinés par l’Assemblée le soir même), toutes les personnes ayant été bénévoles au cours de l’année 2016 seront exonérées des frais habituels pour devenir membre de l’Alliance.

Voici quelques documents qui feront l’objet de discussions lors de l’Assemblée:


Un parcours de différence raconté à Garneau – ARTICLE – Michel Hubert

Par Michel Hubert

Stephen James Lambert

Au cégep FX Garneau, ce jeudi 2 mars 2017 sur l’heure du déjeuner, se tenait une conférence organisée par L’Alliance de la Pluralité Sexuelle de Garneau avec pour thème : Être un transgenre en société.

C’est au Café Oxymel pendant le bloc libéré, que s’est tenu cette belle initiative. Entre odeur de café et de boîte à lunch, la salle était comble quand un jeune homme bien de sa personne est monté sur scène et a pris le micro. Stephen James Lambert, étudiant à St. Lawrence a commencé par se présenter en expliquant qu’il était fiancé et aimait faire des farces, pour finir par nous dire qu’il tenait à ce que l’on sache qu’il n’était pas qu’un homme trans.

Malgré le trac au début de la conférence, Stephen a vite pris ses marques et expliqué dans une salle silencieuse et à l’écoute le récit de sa transition. Accompagné par des photos de lui alors qu’il s’appelait encore Stéphanie et qui retraçait son parcours, il a expliqué quasiment chronologiquement les étapes qui l’ont amené à enfin devenir à l’extérieur l’homme qu’il était déjà à l’intérieur.

S’appuyant sur des anecdotes, il a parlé du malaise qu’un jeune enfant transgenre ressent, des premières questions à 4 ans : « Maman, est-ce qu’un jour j’aurais moi aussi un pénis ? » à la libération ressentie quand il a enfin mis le mot transgenre sur sa situation en regardant une vidéo sur Youtube traitant du sujet.

Michel Hubert

Il faut déjà du courage pour monter sur scène, encore plus pour parler de soi et de ce qui est le plus intime, notre identité, mais Stephen s’adonne à l’exercice sans fausse pudeur, encourageant le public à poser leurs questions. Comme il le dit lui-même : « Il n’y pas de questions que vous poserez que je ne me suis pas déjà posées ». Un peu gênés, plusieurs étudiants l’interpellent tout de même. Souvent pertinentes leurs questions permettent au jeune homme de parler de son coming-out auprès de sa mère, de la peur ressentie encore plus forte pour le dire à son père, de l’acception de ceux-ci et de ses amis, de l’intimidation quotidienne au primaire et au secondaire, de la dépression, du changement physique suite à l’hormonothérapie. Il parle sans fausse pudeur de la douleur imposée par le bandage de la poitrine, mais tellement nécessaire pour se sentir soi, ainsi que du parcours médical, des délais toujours trop longs, du nombre de médecins qu’il faut voir pour pouvoir commencer sa transition, de sa mastectomie, de son hystérectomie, et de sa future phalloplastie. Il explique les mots, la différence entre transgenre et transsexuel, ce qu’est la dysphorie, et fait œuvre de pédagogie.

S’il se réjouit des évolutions positives dans le traitement des changements de noms et de sexe, il soulève avec justesse, qu’à Québec, c’est plus difficile qu’à Montréal d’être accompagné dans sa transition. Le jeune fiancé insiste sur grande diversité dans la communauté transgenre, sur le fait que tous les transgenres ne suivent pas ces étapes, certains passent par l’hormonothérapie, d’autres non, certains par la chirurgie d’autres non, certains sont hétérosexuels d’autres non.

Dans une ambiance d’écoute et de respect, la salle comble a appris de ce jeune homme. C’est certainement grâce à des initiatives comme celle-ci et au courage individuel comme le sien de se mettre à nu pour expliquer et démystifier que les transgenres seront d’autant plus acceptés par la société et par la communauté LGBTQ si diverse et pourtant tellement liée par bien des sentiments ressentis dans ce parcours de différence.